La guerre fait fuir les Ivoiriens au Liberia
Environ 75 000 Ivoiriens ont déjà trouvé refuge dans le Liberia voisin. Les humanitaires s’attendent à 150 000 réfugiés d’ici un mois
Dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, la progression des rebelles, favorables à Alassane Ouattara, accélère les déplacements de population vers le Liberia voisin. Au début de la semaine, la ville de Toulépleu est tombée entre les mains des rebelles. Les forces loyalistes ont annoncé l’envoi de renforts pour tenter de reprendre la ville, proche de la frontière libérienne.
La semaine dernière, les insurgés avaient pris le contrôle de deux localités non loin de la frontière, Zouan-Hounien et Bin-Houin. À Abidjan, l’insécurité dans les quartiers a conduit 300 000 personnes à quitter leur domicile.
Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) estime que 75 000 Ivoiriens sont réfugiés au Liberia. La moitié d’entre eux sont arrivés ces dix derniers jours. Claire Bouzigues, de l’ONG Solidarités témoigne, depuis Monrovia : « Le Liberia est un pays plus pauvre que la Côte d’Ivoire. Au début, les Libériens ont accueilli avec joie ces Ivoiriens, souvent de la même ethnie, qui les avaient accueillis dans les années 1990, pendant la guerre libérienne. Aujourd’hui, ils sont submergés par le flot et n’ont plus rien à leur donner à manger. »
Une dizaine de camps le long de la frontière
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| la Croix |
Malgré ces difficultés logistiques, les humanitaires et le HCR se préparent à accueillir « jusqu’à 150 000 personnes de plus au cours des quatre prochaines semaines. » L’implantation d’une dizaine de camps le long de la frontière – avec le soutien logistique d’ONG comme Solidarités, Oxfam et Care – est en projet.
Elle nécessite des discussions avec les communautés locales, mais bénéficie du soutien du gouvernement libérien qui accorde le statut de réfugiés à ces Ivoiriens.
Les ONG – présentes en nombre au Liberia pour gérer sa reconstruction après la guerre civile – s’attendent à voir ces réfugiés arriver au fur et à mesure des affrontements descendant vers le Sud et le port de San Pedro. Elles envisagent aussi des déplacements d’habitants d’Abidjan, qui emprunteraient la route côtière pour atteindre le Liberia.
La capitale ivoirienne voit chaque jour ses quartiers s’enflammer un peu plus.
Pierre COCHEZ

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