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| photo "La Croix" dans les rues d'Abobo |
Depuis deux semaines, la flambée de violences à Abidjan et la reprise des combats dans l’Ouest font craindre au Conseil de sécurité de l’ONU « une résurgence de la guerre civile ». Au sud, des Ivoiriens fuient les combats dans les quartiers d’Abidjan et dans l’ouest du pays.
Au nord, en zone tenue par les partisans d’Alassane Ouattara, l’eau et l’électricité sont revenues samedi, après une coupure d’une semaine. Un religieux de Bouaké témoigne : «Les écoles sont fermées. La rumeur prête l’intention aux forces de l’Onuci (mission de l’ONU en Côte d’Ivoire) et de l’armée française de se redéployer ici, ce qui pourrait expliquer les mouvements réguliers d’avions que nous observons. Toutes les banques sont fermées. Pour avoir des espèces, notre congrégation, à Rome, verse de l’argent sur les comptes parisiens d’industriels de Bouaké. Ceux-ci nous donnent en échange des francs CFA
À Abidjan, les congrégations religieuses évacuent leurs jeunes séminaristes et leurs étudiants en théologie. «Nous avons fait partir nos jeunes sœurs qui n’avaient pas fait de vœux définitifs. C’est la responsabilité de la mère supérieure de les protéger, confie une religieuse. Mais nous ne sommes pas les plus à plaindre. La situation à Abidjan est terrifiante pour la population locale. Les pillages, les viols et les incendies sont légion. La désinformation est massive. Les déplacés d’Abobo s’entassent dans d’autres quartiers. Les conditions de vie sont très difficiles.»
Un religieux français indique que «six séminaristes burkinabés ont demandé à rentrer chez eux, car ils ne se sentaient plus en sécurité». Mardi, Mgr Jean-Pierre Kutwa, l’archevêque d’Abidjan, doit réunir l’ensemble des prêtres du diocèse.
Pierre COCHEZ

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