jeudi 14 janvier 2010

GAZA-EGYPTE



Emmanuelle, qui fait partie de notre Fraternité, est partie en Egypte pour faire la marche sur GAZA entre Noël et le jour de l'An, cette marche s'est arrêtée sur le trottoir de l'ambassade de France au Caire. Voici ce qu'elle nous raconte.


Je vous fais un petit résumé de notre « Gaza Freedom March » qui s'est arrêtée physiquement au Caire, mais médiatiquement et symboliquement est allée beaucoup plus loin.
1400 personnes étaient au Caire, certains ont pris des bus en direction de Rafah Gaza, mais ont été arrêtés dans le désert entre 20 et 400 km du Caire, dispersés.

Notre groupe de 300 français (il y avait 500 français en tout) a été bloqué devant l'ambassade de France au Caire où nous attendions les bus qui ne sont jamais venus.
Nous avons envahi l' « avenue Charles de Gaulle », ouvert les tentes et les guitares, et bloqué la circulation de cette grande artère pendant 4 heures (si nous étions égyptiens il y aurait eu 300 morts).

Cette détermination a poussé l'ambassadeur à négocier une sortie de rue sur la trottoir de l'ambassade où nous avons campé pendant un semaine sur une bande de 4,5m sur 180m, surnommée bande de Giza (c’est le nom du quartier de l'ambassade), rappelant la bande de Gaza que nous voulions atteindre. Nous étions ceinturés par 2 rangées de soldats de la police antiémeute, de jeunes hommes de 18 ans très sympathiques avec qui les membres arabophones de notre groupe de français ont beaucoup échangé. Et leurs chefs ne mettaient pas trop d'ardeur à empêcher ces échanges.

Pollution, poussière et bruit de la circulation assurés jour et nuit!
Files d'attente d'1h30 pour aller aux toilettes... ça permet les échanges!
On nous a donc « offert » une vitrine formidable, sur un axe majeur du Caire.

La population égyptienne est plus que sympathisante à la cause palestinienne, sans pouvoir s'exprimer. En passant devant notre « bande », les voitures ralentissaient, klaxonnaient, et les gens faisaient de grands gestes de sympathie. Il y a même eu quelques accidents!

Au début et à la fin du séjour, les chauffeurs de taxi ont discuté franchement pour nous remercier, certains ont refusé de faire payer la course par solidarité.
Nous avons décoré le mur de l'ambassade avec des slogans, et il y avait des piliers sur les quels nous montions, permettant d'agiter drapeaux et banderoles en français, anglais et arabe bien visibles de la rue.
Notre campement repérable est devenu un lieu de coordination de toutes les délégations, aboutissant à une grande manifestation unitaire le 31 janvier devant le musée du Caire. Le plus émouvant était la prise de parole de la délégation sud africaine, nous rappelant cette parole de Nelson Mandela « l'Afrique du Sud sera vraiment libre lorsque la Palestine sera libre ». Ils nous ont aussi encouragé dans l'action de boycott (qui commence à bien prendre en France) qui a été déterminante dans la chute de l'Apartheid.

Le lendemain, manifestation devant l'ambassade d'Israël pendant 3 heures.

Parmi nous, Monseigneur Gaillot, avec son sourire et ses yeux bleus arpentait la « bande » pour se dégourdir les jambes, Alima Boumédiene, sénatrice française du val d'Oise (Europe écologie) dont le mari a été consul en Egypte. Son appui était précieux et ses prises de parole aussi. Plus discrète, l'eurodéputée (Europe écologie) Nicole Kiil Nielsen de Rennes.

Le jeudi matin, les autorités égyptiennes ont autorisé deux bus à partir pour gaza (c'est toujours la stratégie), mais les délégations s'étaient toutes accordées pour refuser (tout le monde ou personne) sur demande express des correspondants palestiniens qui en ont marre des délégations qui viennent les photographier en train de mourir. Quelques personnes sont quand même montées dans ces bus contre l'avis de leurs responsables (certains avaient de la famille à Gaza)

Les évènements ont été couverts largement médiatiquement, en particulier les télés du monde arabe, mais pas seulement.
Nous avons fait la une des journaux du Caire pendant une semaine.

Cette belle aventure humaine est un soutien fort à la résistance palestinienne qui dure depuis 60 ans.

Pendant ce temps, le convoi anglais humanitaire Galloway de 200 camions, du nom du député anglais qui a lancé ces convois (viva palestina), était bloqué par l'Egypte à la frontière jordanienne.
Ils ont rebroussé chemin par la Syrie, et viennent d'entrer de l'autre côté, après de violents affrontements. C'est une victoire. Dans ce convoi, il y a le philosophe Noam Chomsky.
On aurait dû tous se retrouver pour la marche!

Un grand chantier est en cours: l'approvisionnement de la bande de Gaza depuis le blocus se fait par des tunnels en direction de l'Egypte. Les états unis financent donc un mur souterrain métallique, de 30 mètres de profondeur sur les 9 km de frontière entre Gaza et l'Egypte.
La France apporte son concours technique à cette œuvre d'asphyxie.
Les ouvriers égyptiens ont commencé par faire grève, mais l'ouvrage va se réaliser... les grands l'ont décidé

Si vous voulez voir quelques photos ou vidéos, le site europalestine:
http://www.europalestine.com/
Sur l'article la "Marche Pour Gaza" : récit d’une aventure mémorable (et photos !) en date du 04 01 2010, on me voit sur la première photo au fond à G en violet! Les trois vidéos donnent un bon aperçu.

L'action la plus efficace maintenant est le boycott des produits d'Israël: c'est la campagne BDS, boycott, désinvestissement, sanctions qui a fait ses preuves en Afrique du Sud.

Des comités existent un peu partout.

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