La crise que connaît la République centrafricaine (RCA)
reçoit fort heureusement une attention grandissante de la part de la communauté
internationale. Aux nombreux défis sécuritaires s’ajoutent aujourd’hui des
défis humanitaires qui doivent être réglés au plus vite afin de préserver le
pays et toute la région de l’implosion.
Nous, acteurs de la société civile et représentants des communautés
religieuses, appelons les Etats réunis cette semaine à New York à adopter les
recommandations ci-dessous :
1.
Sur le volet sécuritaire
Le dispositif actuel pour restaurer la sécurité a montré ses
limites. Pour diverses raisons, les forces de l’Afrique centrale n’arrivent pas
à assurer la protection des populations civiles des exactions commises par les
Séléka. Il faut donc :
·
Renforcer le mandat de la MISCA en lui
permettant de passer sous le chapitre VII de la charte des Nations unies ;
·
Apporter
un appui logistique et financier pour le déploiement de la MISCA sur tout le
territoire ;
·
Travailler
à l’élargissement de la MISCA à des forces armées des autres pays de
l’Afrique ;
·
Développer
une politique concertée de DDR pour rapatrier les mercenaires étrangers
présents sur le territoire de la RCA et réinsérer les nationaux dans le tissu
socio-économique.
2. Sur les droits de l’homme et la
lutte contre l’impunité
Au cours de ces 10 dernières années, la situation des droits
de l’homme n’a cessé de se détériorer. Les exactions et abus dont seraient
auteurs les différents protagonistes de la crise ne peuvent pas rester impunis
si l’on veut ramener la paix. Nous appelons donc :
- A la mise sur pied d’une
commission d’enquête internationale pour établir les responsabilités dans
les violations des Droits de l’homme de 2003 à 2013 ;
- Au renforcement de la commission
mixte d’enquête en lui donnant des moyens logistiques et une assistance
technique ;
- Au renforcement de l’Etat de
droit.
L’amplification de la crise ces derniers mois a aggravé la
situation humanitaire. Le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter. Craignant
pour leur vie, les humanitaires ont déserté le pays. Nous voulons :
- Une sécurisation des couloirs et
du personnel humanitaires ;
- Une aide au retour des personnes
déplacées et des réfugiés ;
- Une attention particulière à la
reconstitution des outils de production des populations notamment dans le
domaine agro pastoral.
Les rebelles de la Seleka contrôlent les sites d’exploitation
du diamant et d’autres ressources naturelles. Ils ont utilisé les revenus du
commerce de ces ressources pour financer le récent coup d’Etat. Il faut aller
plus loin que la simple suspension de la RCA du processus de Kimberley
en :
- Favorisant une cartographie
détaillée de la présence des groupes rebelles sur les sites d’exploitation
des ressources naturelles (diamant, or…) ;
- Donnant le mandat à la MISCA de
sécuriser les sites d’exploitation des ressources naturelles ;
- Permettant une coopération sous
régionale afin d’empêcher que les ressources naturelles qui financent les
violences n’aient pas de débouché international
Depuis quelques mois, nous constatons des signes inquiétants
qui font craindre une confrontation entre communautés chrétiennes et
musulmanes. La société civile et les confessions religieuses sont particulièrement
actives sur la préservation du vivre ensemble de plus en plus menacé en RCA. Aussi demandons-nous :
- Qu’elles soient reconnues et
renforcées dans leurs capacités d’action.
- Qu’elles soient associées au processus de réconciliation et de reconstruction.
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| Mgr Nongo Aziagbia |
Fait à New York, le 24 septembre 2013
Mme Béatrice Emilie EPAYE
Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA
Rev. Nicolas GUEREKOYAME-GBANGOU
Me Mathias Barthélemy MOROUBA


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